Lettre au PM Michel Barnier le 18 septembre 2024


Stephan Brunel                                                                                           Friedrich-Ebert-Str. 11 - 69151 Neckargemünd (Allemagne)

Courriel: sfbrunel@gmail.com 



Monsieur Michel Barnier

Premier ministre

Hôtel de Matignon

57, rue de Varenne

F-75007 Paris 


Neckargemünd, le 18 septembre 2024



Objet : ma situation de fonctionnaire sans affectation depuis 15 ans et mes actions de lanceur d’alerte aux ministères sociaux en regard des défis gigantesques qui se osent du pays.


Version de la lettre en PDF 



Monsieur le Premier ministre,

J’ai alerté en vain vos prédécesseurs sur ma situation -M. Edouard Philippe, le 15 janvier 2019, et M. Gabriel Attal, le 29 février 2024- ainsi que chaque ministre des affaires sociales, du travail ou de la santé depuis 10 ans: Mme Touraine en 2013, Mmes Buzyn et Pénicaud en 2018, M. Véran en 2019, Mme Vautrin en 2024, pour ne rien dire de tous les DRH des ministères sociaux depuis 2002.

Ma situation de fonctionnaire sans affectation, rémunéré pour rester à la maison est inadmissible: professionnellement, financièrement, moralement. Mon cas est emblématique de tout ce qui ne fonctionne pas au sein de l’Etat. Je n’ai cessé de le dénoncer, comme fonctionnaire et comme lanceur d’alerte.

La situation économique, financière et sociale catastrophique de la France et la paralysie de son État-Léviathan devraient conduire le Premier ministre à adopter des décisions déchirantes et impopulaires mais pas plus que vos prédécesseurs vous semblez vous y résoudre.

La raison en est simple: l’Etat achète la paix sociale depuis quarante ans et aussitôt que les rentes de situation, privilèges, prébende et sinécures (rente du travail des fonctionnaires, rente sociale des assistés, des retraités et des immigrés, rente économique des professions et secteurs protégés, rente financière des acteurs subventionnés ou en lien d’intérêt avec l’Etat) seront remises en question, en même temps que le modèle économique français fondé sur les dépenses publiques et la consommation, par une politique inéluctable de très grande austérité, éclatera une explosion sociale aux allures de guerre civile.

La France est à cran: politiquement, idéologiquement, économiquement, socialement. Dans aucun autre pays le tissu social a été plus fragilisé par des politiques favorisant les centres urbains, les acteurs mondialisés, les inactifs, les banlieues immigrées. Une pression fiscale accrue sur les actifs déjà trop ponctionnés ou la remise en cause des rentes de situation fera se lever tout ce que le pays compte de révoltés, de sacrifiés, de féodalités. Avec la disparition de l’anesthésiant des dépenses publiques et du voile d’ignorance étatique, les rancoeurs accumulées déboucheront sur une violence aveugle et désespérée.

Jusqu’à quand va-t-on continuer à mentir aux Français ? C’est du sang et des larmes qu’il faudrait leur promettre pour espérer remettre le pays d’aplomb. Plus nous reculons, plus dure sera la solution.

Seul le scandale public, en plus des procédures pénales, peut faire bouger les choses dans l’administration. Je veux bien servir à la prise de conscience de mes concitoyens pour commencer à redresser la France.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes salutations respectueuses et dévouées.



PJ: lettre à M. Edouard Philippe du 15 janvier 2019, lettre à M. Gabriel Attal du 29 février 2024





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